Leta Blake fait partie de ces auteurs qui parviennent toujours à me surprendre. Chacune de ses histoires possède une identité qui lui est propre, portée par des personnages singuliers, atypiques et profondément humains, auxquels on s’attache sans même s’en rendre compte. Avec “En chute libre”, elle m’a entraînée dans un univers que je ne connaissais absolument pas : celui de l’escalade et plus précisément du solo intégral. Et contre toute attente, je me suis laissée emporter par ce monde qui m’était totalement inconnu.
Ici, l’escalade n’est pas un simple décor. Elle s’impose comme un élément essentiel du récit, influençant chaque choix, chaque émotion, chaque relation. On sent tout le travail de recherche effectué par l’auteure. Malgré quelques libertés prises pour coller à son récit, le vocabulaire, les descriptions, les sensations… tout sonne juste et rend l’immersion immédiate.
Mais ce qui m’a le plus touchée reste, sans hésiter, la relation entre Dan et Sejin.
Tout commence comme une aventure d’un soir, avant de laisser place, avec beaucoup de naturel, à une histoire qui prend le temps de s’installer. Sans faux-semblants, ils apprennent à se découvrir, à s’apprivoiser, à accepter leurs différences. Leur relation se construit avec une sincérité désarmante, jusqu’à devenir une véritable évidence.
Dan est un personnage aussi déroutant que fascinant. Son fonctionnement, sa manière d'appréhender le monde et son besoin presque viscéral de grimper le rendent parfois difficile à comprendre. Pourtant, jamais l’auteure ne cherche à le justifier ou à le condamner. Elle nous invite simplement à voir le monde à travers ses yeux.
Quant à Sejin… quel bonheur de le découvrir. D’une douceur infinie, il cherche encore sa voie, mais il choisit d’aimer Dan sans chercher à l’empêcher d’être celui qu’il est. Parce que parfois, aimer quelqu’un, c’est aussi accepter de vivre avec ses peurs. Et ici, plus qu’ailleurs, l’amour ne s’accompagne d’aucun harnais de sécurité.
L’alchimie entre eux est aussi évidente dans leurs échanges que dans leur intimité. Les scènes plus sensuelles sont particulièrement marquantes (et terriblement épicées), mais elles ne sont jamais gratuites. Elles participent pleinement à l’évolution de leur relation et traduisent la confiance qui grandit entre eux.
Au-delà de la romance, j’ai aussi aimé la manière dont l’auteure aborde les différences, les attentes familiales, le deuil, les écarts culturels ou encore cette quête de sens qui anime chacun des personnages. Elle le fait avec beaucoup de délicatesse, sans jamais sacrifier ni le rythme du récit, ni la force des émotions qu’elle transmet.
Impossible, enfin, de ne pas parler de cette fin... Elle m’a laissée complètement suspendue à cette paroi, le cœur battant, le souffle coupé, incapable de détourner le regard de cette ultime scène.
Leta Blake referme ce premier tome sur un suspense aussi frustrant qu’efficace, laissant Dan et Sejin à un moment où tout semble pouvoir basculer.
Autant dire que l’attente jusqu’en septembre risque d’être longue… J’ai déjà hâte de les retrouver et de découvrir où cette aventure, aussi vertigineuse qu’intense, les mènera.